Personne Pour 2012

Le souffle. 
Voilà ce qu’il manque.
Un élan. 

Eux qui n’ont que ce mot à la bouche, celui de « rassemblement », y’en a pas un qui l’incarne. 
De Sarkozy à Poutou en passant par Mélenchon, Joly, Aubry et tutti, pas un.
Oh, je sais, les projets, on ne les connaît pas, pas encore, mais à vue de nez, ça sent déjà le réchauffé, les rustines, quand c’est pas le suicide collectif.
On me dira itou, patience ! nous ne sommes qu’en août, tu vas voir, dès septembre, ça va se décanter, même qu’y en a qui vont sortir du bois, ou les griffes, aiguisées ; va y’avoir du sport !
Vraiment ?

Non, bien sûr que non, ça va pas se décanter.

Pas besoin d’être grand clerc ou Duhamel pour le deviner. Tout ce qu’on nous donnera à becqueter ce seront des petites phrases, de celles qui font la joie des quotidiens, et des chaînes d’informations en boucle. De la polémique à balles deux. Mais qu’a son intérêt : faire diversion. Contourner l’os. Gaffe surtout, à ne pas aborder les vrais sujets.
La vérité.

Pourtant, ils seront légions sur la ligne de départ : dix, peut-être douze, voire plus.
Mais y’en aura pas un qu’aura le feu sacré. Qu’apparaîtra comme une évidence.
Le temps des grands hommes est révolu. Comme révolues sont, les révolutions. Et peu me chaut que t’occupes je ne sais quelle place, l’indigné… Indigné, mon cul ! T’en as pas assez chié pour être crédible. Ton indignation – je parle de l’occidentale – elle est bien paresseuse. Elle se numérise, et pis voilà. Sujet suivant…
J’t’en foutrais !

Quand on est indigné, vraiment, on reste pas le cul assis par terre, non ! on montre les dents. Quitte à tout foutre en l’air… Non mais c’est quoi, ces rassemblements, pépères, à qui ça fait peur, qui ça impressionne ?… Mais personne ! Et surtout pas les politiques.
Alors, ne t’étonne pas, si rien ne bouge, que tout continue, comme avant, entourloupes, vaseline et tout le bataclan.

Après tout, pourquoi donc iraient-ils se crever la couenne, les candidats, pourquoi prendraient-ils des risques, se fendraient-ils de projets ébouriffants, quand tu vois l’étrange apathie du peuple…

Le peuple !

Ça râle, ça rouspète, ça se plaint, et puis ça rentre chez soi.
Ça veut tout casser, au coin d’un zinc, ou sur un forum à la noix du Net, nouveau défouloir de ceusses qu’ont-que-de-la-gueule, anonymes, planqués, mais dans la vie, la réelle, y’a plus personne. Que des échines courbées. Des « Oui, Monsieur ! » et des « Oui, Madame ! »… Parce que, faut le savoir, les furieux qui vous promettent le chaos sur le Net, à grands coups d’insultes (quand ils donnent pas dans le diffamatoire) dans la « vraie vie », c’est des petzouilles.
Ils valent pas chers, les loquedus.

Quant aux blogs classés politiques, voire militants, c’est de la rigolade ! Y’en a pas un sur cent qui tienne la distance. Et encore, je suis large…

Alors quand on m’affirme que cette présidentielle passera par Internet, je me marre. Pour que ce fût possible, faudrait qu’Internet soit une alternative, pas un copié/collé… Faudrait plus de chair, de profondeur, de rage aussi. Mais penses-tu !… Ça ne pense qu’à ses stats, ses followers et ses RT ; bref, qu’à engraisser son foutu réseau ; un réseau qui sert à rien, quand t’as l’honnêteté de te pencher sur son utilité supposée.

Or donc, pourquoi qu’ils se feraient beaux, nos candidats, pour 2012 ?
Pour qui ?
Pour un peuple qui, depuis lustres, avale toutes les couleuvres ?
Et, qui plus est, se jalouse, s’envie, se mesquine, pour des peccadilles ?
Qui, dès que tu lui tends un os à ronger, se jette dessus, sans même réfléchir ? Abruti qu’il est de télévision, d’idées reçues, d’a priori, de préjugés.
Hostile à tout ce qui ressemble à de l’intelligence, ou au minimum, à de la raison.
Vomissant ses élites et ses surdiplômés.
Crois-tu que pour ce peuple, le candidat de 2012 va se mettre minable ?
Mais bien sûr que non !
Aux cochons, on ne donne pas à bâfrer de la confiture.

Au fond – et c’est le cas de le dire – on a les politiques (et les candidats) qu’on mérite.
Falots, fadasses, timorés.
Avec quelques trublions pour faire le show : Mélenchon, Le Pen, et … Et ce sera tout ; vu que Sarkozy a rangé son barda bling-bling.

Ne vous méprenez pas, je ne les range pas dans la même catégorie, Mélenchon et Le Pen.
Je laisse ça aux éditocrates dont la malhonnêteté intellectuelle est sans limite (car il faut l’être, malhonnête, pour nous faire croire que Mélenchon et Le Pen, c’est pareil), soit à ceux qui fricotent avec les dominants (politiques, patrons, etc.), et nous vendent, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il merde, un bon vieil affrontement droite/gauche ; comprendre : UMP/PS…
Paraît que c’est le seul duel compatible avec les marchés, le CAC, les agences de notation, soit avec toute cette saloperie qu’est le capitalisme décomplexé… C’est vous dire si PS et UMP, c’est du kif… La seule différence, c’est que l’un est brut de décoffrage, quand l’autre vous fait croire qu’il est humain… Mais dans les deux cas, c’est le pragmatisme libéral qui l’emporte… Y’a vraiment que des attardés (ou des encartés) qu’ont pas encore pigé que cet affrontement-là, qu’on nous présente comme un affrontement entre la droite et la gauche, c’est une fumisterie… Non pas que la droite ne soit pas à droite, non ! C’est juste le PS qu’est plus à gauche (depuis lurette)… Le PS c’est un centre du genre mollasson… Et d’ailleurs, à en croire les sondages, Hollande en est la tête. Comme quoi, y’a pas de hasard… Oh, il a bien des talents, ce François, au demeurant, mais qu’il nous fasse pas son Jaurès ou son Blum. Qu’il s’en tienne à mimer François Mitterrand… Oui, pour ceux qui l’auraient pas encore remarqué, c’est pourtant flagrant, ce mimétisme. Et j’ajoute que c’est fait exprès. Mais ça risque d’être en pure perte. Parce que ce François-là, il passera pas la primaire… J’y reviendrai. Une autre fois.

Passés ceux-là, les François, les Martine, les Nicolas (qu’est bien parti pour redoubler) qui n’ont donc pour seule ambition QUE de gérer le pays (c’est vous dire si ça donne envie), qu’est-ce qu’on a ?

Eh bien un suicide collectif avec Marine Le Pen.
Icelle nous proposant, ni plus, ni moins, de revenir aux francs.
Elle a dû se tromper de nation… L’Allemagne, c’est un peu plus loin… Parce que s’il y a un pays, un seul en Europe, qui pourrait se permettre de sortir de l’euro, c’est l’Allemagne.
Nous, étant donné notre dette et notre déficit, on est bon comme la romaine… A moins que Madame Le Pen veuille estourbir d’autant plus les classes moyennes et populaires… Vas-y, sors-nous de l’euro, poulette, et tu vas voir combien tu vas le raquer, ton pétrole ! Et le reste. Tout ce dont la France, pays désindustrialisé, a cruellement besoin…
Exporter avec une monnaie, le franc, qui vaut que dalle, ça j’dis pas, mais pour l’import, on va souffrir. Et quand je dis « on », j’pense pas aux fortunés ; eux, c’est de la roupie de sansonnet. Qu’on soie à l’euro, au franc ou au rouble, la différence, ils la voyent pas. Mais le laborieux, lui, il va calencher.
Sinon, rien de nouveau sous le paquebot du FN, c’est toujours la patrie, la préférence nationale, l’identité, enfin-bon-bref, des concepts puant la naphtaline. L’hospice. L’agonie.

Qui d’autre alors ?

Mélenchon. Le tribun. Qui va nous faire croire que la gauche-ceci, la gauche-cela. Que la gauche, elle est vivante, quoi…
Que : nos vies valent mieux que leurs profits
Oui, parce que faut pas se leurrer, Mélenchon, il ne fait que prendre la place laissée vacante par Besancenot. Il reprend le flambeau, Méluche. Vu que la LCR s’est autodétruite… Non mais quelle connerie, ce NPA ! J’te jure… Nouveau Parti Anticapitaliste ! Grotesque !… Ligue Communiste Révolutionnaire, ç’avait un peu plus de gueule… C’était sans ambigüité possible… T’as voulu changer l’intitulé, t’as coulé, c’est bien fait… Du coup, c’est Mélenchon qu’est en pôle-position de la gauche. Parce que Poutou et Arthaud, dans le genre on n’est pas là (alors que pourtant, on est tout mité par la crise, que les banquiers se goinfrent comme avant, que le chômage est explosif) ils sont assez remarquables… On peut pas toujours dire c’est la faute des médias. A un moment, le cul, faut se le bouger… Internet, c’est pas fait QUE pour les consÇa peut être aussi un outil de combat. Et qui coûte pas bézef en artiches… Mais va expliquer ça à Poutou et Arthaud ! Plus résignés que ces deux-là, ça existe pas.

Or donc, Mélenchon. Qui va pousser ses petites gueulantes, brandir le poing, se prendre pour Voltaire ; les médias déjà s’en délectent, s’en pourlèchent ; ça nous promet de belles vidéos sur Dailymotion, dufight en veux-tu, en voilà, mais quant au projet, et quand bien même me dirait-on qu’il existe, je le trouve, pour ma part, un peu court… Pas très révolutionnaire, quoi…
Les mecs, les grands capitalistes, ceux qui s’en mettent plein les fouilles sur notre dos, faut vouloir les saigner. Sinon, c’est pas la peine. De se présenter. Pour quoi faire ?… Pour appeler à voter Aubry au second tour ?… T’es gentil, mais j’ai pas vocation à mettre un bulletin relou dans une urne prétendue démocratique.

Quant aux restes, Borloo, Bayrou, Boutin, Dupont-Aignan, Nihous et consorts, c’est du supplétif. Ça n’est là que pour négocier. Avec le vainqueur. Bref, ça vaut rien. En d’autres termes : ça ne nous concerne pas.
Maintenant qu’il s’en trouve pour leur filer des voix, ma foi, ça les regarde. Le vide, que voulez-vous, ça attire.

Donc non, vraiment, y’a personne.
Pour 2012, y’a rien.
Pas un grand homme.
Pas un vrai et beau projet.
Pas d’élan.

Rien qui donne envie. De voter.

Rien qui ressemble à de l’espoir. A de la vie, même.
Alors que la crise nous a plombés, ratatinés, essorés ; c’est incroyable !
Y’a même pas de colère ! Ni de rage. Chez ces prétendants-là. Aucun, vraiment, n’incarne le peuple.Aucun, réellement, n’a l’étoffe. Le souffle. C’est fini, tout ça…

C’est un gestionnaire qu’on va élire. Un comptable. Et dans ce domaine-là, perdu pour perdu, Sarkozy a une longueur d’avance. Quoi qu’ils en disent. Quoi qu’ils prédisent.
Peu importe, au fond, qu’il rempile, ou qu’il se fasse giscarder, étant donné que le choix est pauvre. Sans envergure.

Vraiment, faut être un militant, un encarté, ou un imbécile, pour trouver quelconque intérêt à cette future présidentielle. Tant les prétendants ne sont pas à la hauteur. Des enjeux. Des souffrances. Tant ils n’ont rien à nous proposer de neuf. De grand. De fort !
Ou de renversant.
Mais, encore une fois, on a les candidats qu’on mérite. Nous les culs assis. Les indignés confortables. Lorgnant sur le dernier joujou technologique. Et croyant que la révolution passera par les réseaux sociaux ! C’est vous dire à quel point on est devenus vraiment des cons. Et qu’on mérite amplement, d’être traités comme tel.

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