J’ai « Bolufer » Comprendre, Y’a Rien A Faire [Immobiliare II]

Il existe en France des êtres étranges, des êtres qui ne semblent pas être au courant du tout que la majorité de nous autres est doté d’un pouvoir d’achat de "biéloroumain", des êtres aveugles et sourds aux problèmes que connaît notre beau pays en faillite, des êtres qui affirment appliquer la loi mais qui en vérité prennent avec la dite loi des libertés dans le seul et unique but de te pénaliser, quand ce n’est pas de t’humilier, des êtres qui se foutent ouvertement de la politique du logement de Madame Boutin et des promesses immobilières de Monsieur Sarkozy, des êtres qui, n’ayons pas peur des mots, t’emmerdent et prennent un malin plaisir à te pourrir la vie, et ces êtres qui t’imposent leurs règles font partie de ce que je n’ai pas peur d’appeler une véritable mafia organisée, Immobiliare [*] en italien, "agence immobilière" en français.

Or donc pour la seconde fois en six mois, me voici confronté à la dure loi de ces parrains de la pierre, ces petits marquis prétentieux, vulgaires et obséquieux du m², ces racailles du préfabriqué qui te feraient passer un T1Bis pour un loft qu’aurait du cachet.

La dame à qui j’ai à faire porte un nom d’oiseau.
Et je ne sais ce qui me retient de lui voler dans les plumes.
Sans doute une éducation stricte, vaguement catholique, définitivement militaire.
Je l’imagine jouir dans son foulard Hermès quand elle me dit pour la quantième fois qu’elle ne peut ramener mon préavis de trois à un mois, que la loi est ainsi faite, celle de 1989, que l’argument présenté, déménagement de mon entreprise à perpète-les-oies
(comprendre un endroit très excentré dénué d’arrêt de bus ou de bouche de métro à proximité) et la volonté de m’en rapprocher, car voyez-vous m’dame, je ne suis pas motorisé, ne suffit pas, et pourquoi ?

Parce que mon entreprise déménage certes, mais reste dans le même département !

Je lui fais remarquer que par lettre recommandée avec accusé de réception elle est informée depuis maintenant trois bonnes semaines de ma ferme intention de quitter ce terrier sous les toits qu’elle loue à un prix exorbitant vu la surface réellement habitable et les pollutions sonores émanant du quartier, sans parler de celles de mon voisin qui n’y est pour rien, c’est juste parce que les murs qui nous séparent sont épais comme une demi-feuille de papier à cigarette, à tel point que j’ai souvent la désagréable impression qu’il ronfle ou qu’il baise dans mon lit même, qu’en trois semaines, elle a eu plus de temps qu’il n’en faut pour faire savoir que cet appartement était à nouveau sur le marché locatif, que sans nul doute vu le cachet de ce faux loft aux poutres apparentes elle aurait vite trouvé un bobo débutant, un écrivain particulièrement maudit ou un informaticien précoce jusque dans son éjaculation qu’aurait raflé l’affaire en un rien de temps, que tout le monde y serait content, vous madame mandatée par le propriétaire de ces lieux pour avoir déniché un nouveau locataire et donc un loyer assuré, et moi, dispensé de payer deux mois de plus un appartement que je n’occuperai plus.

Mais non, cette dame portant un nom d’oiseau s’en tient à cette foutue loi de 1989, comment ça fonctionnons en bonne intelligence, me dit-elle, c’est qu’elle le prend mal, la donzelle, pourtant, il me semble que je ne l’agressais point en invoquant nos intelligences respectives, ou si peu, simplement je m’évertuais à lui faire passer un message simple :
Si nous nous débrouillons, elle et moi, pour trouver un nouveau pigeon … locataire pour le 1er janvier, fini cette histoire de préavis de trois mois, c’est pourtant pas compliqué, mais pour elle, si.
Enfin, pas vraiment .. 
C’est juste qu’elle a décidé de me pourrir la vie, de me faire chier, de m’emmerder, et alors en période de fêtes, j’vous raconte pas comme elle doit "orgasmer" la mégère.

Et alors si vous rajoutez à cela, le laps de temps proprement scandaleux (deux mois après avoir quitter les lieux) que "ces gens-là" vous imposent (au nom de quelle loi ?) avant de vous restituer vos deux mois de dépôt de garantie, du blé qu’il est à vous bordel et qui vous serait bien utile pour … les reverser à votre nouveau et bien sympathique propriétaire, sans oublier la masse ridicule de documents que vous aviez dû lui fournir pour obtenir le dit terrier, y’a de quoi se transformer en serial killer spécialisé dans les agents immobiliers.

Oh bien sûr si les "choses" en restaient là, on n’fait pas d’effort pour trouver un locataire pour début janvier, et vous allez raquer deux mois de plus pour un lieu que vous n’habitez plus, je te l’assure, je vais te le faire mon Josey Wales Hors-La-Loi, mais pour qui a vu le film du père Clint, le hors-la-loi n’est pas celui que l’on nomme, pas toujours celui que l’on croit.

 

Si tu lis la loi comme ça te chante madame, alors moi, je vais te la faire danser à ma façon.
Et t’as plutôt intérêt à être souple dans ton justaucorps de petite bourgeoise, j’te conseillerai même de prendre tout de suite des cours, sinon tu vas te les froisser tes muscles, tant à rester assise toute la sainte journée, m’est avis que t’as le corps tout rouillé et d’la haine dans tes poignées d’amour.

Et pendant ce temps-là, au sommet de l’Etat, y’a un type qui travaillait pour le ministère du Logement, celui-là même de cette pauvre madame Boutin (qui me semble bien à la rue pour une dame devant résoudre des problèmes de logement) un type qui pendant 26 ans a bénéficié de largesses invraisemblables, même qu’Hervé Gaymard à côté c’est un p’tit joueur, même qu’avec du recul, on l’prendrait en pitié l’Hervé, et ce type c’est Jean-Paul Bolufer.

Et moi, pauvre petit citoyen anonyme, j’ai "bolufer" comprendre à cette dame portant un nom d’oiseau que la loi de 1989 n’est pas figée dans le marbre, que surtout, elle ne dispense aucunement de faire fonctionner son intelligence afin de trouver une solution convenant aux deux parties, y’a rien à faire, cette dame prend son pied à faire chier les petites gens, ceux qui n’ont pas le privilège de s’appeler Gaymard, Bolufer ou Juppé, gens devant lesquels, soyez-en sûr, elle lécherait avidement les pieds.

[*] Le choix du terme n’est bien évidemment pas innocent de ma part.
Il renvoie au troisième et dernier volet de la saga du Parrain de Francis Ford Coppola/Mario Puzzo.

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