L’Iconoclaste Immarcescible

Or donc, si vous vous en souvenez encore, Ségolène Royal

Ca vous dit quelque chose ? … Non ? … "Aïe-aïe-aïe-aïe-aïe-aïe-aïe" comme le chantait Thierry Roland

Ségolène Royal était, lors de la campagne présidentielle – et à en croire la presse de chez nous – une candidate iconoclaste.
Même que ça m’avait bien fait rigoler.
Mais en même temps, je serais infoutu de vous dire pourquoi.
Quoique.

Donc,
iconoclaste était Ségolène.

Eh bien, depuis ce matin, et contre toute attente – comme dirait le commentateur moyen d’un Grand Prix de Formule 1 – la voici devenue immarcescible.

On applaudit bien fort Laurent Joffrin de nous avoir exhumé ce terme venu du diable vauvert (à croire que nous sommes VRAIMENT au temps de l’exhumation) et même nous l’applaudissons à tout rompre, vu que le directeur de publication du quotidien Libération en revient aux fondamentaux du terme "immarcescible", soit à sa racine latine.

A titre personnel, je m’en réjouis, la semaine commence sur les chapeaux de roue, me dis-je avec cet "immarcescible", j’suis pas mécontent de m’être levé, moi, et d’ailleurs tiens, histoire de bien marquer le coup, je vais de ce pas me servir un Schnaps à la santé de Joffrin.

Mais bon, passé l’esbaudiment, comment vous dire, c’est comme qui dirait le désappointement.
Et il est immense.

Car c’est bien joli de nous sortir des "immarcescibles" à propos d’une supposée impavide ignifugée, encore faut-il que les propos tenus par cette Domrémoise de Melle soit d’une autre littérature que celle dont nous abreuvent les pachydermes solférinesques.

Et malheureusement, il n’en est absolument rien dans cet entretien romain qu’elle accorde au quotidien Libération, même que ça lui aura coûté 300€, la plaisanterie (au quotidien, pas à Ségolène, ce dont on se fout complètement entre parenthèses, et d’ailleurs j’y suis ..) !

Car oui, "camarades" (et non pas "compagnons" …) comment s’exalter quand elle nous dit, la Ségolène, que non, eh non, elle n’a pas encore pris sa décision quant à conquérir le poste de premier secrétaire du Parti Socialiste (mais bien sûr, prends-nous donc pour des jambons, chérie …) ?

Comment s’engouer quand elle nous assène qu’il faut rendre la parole aux militants ?

Comment s’extasier (oui j’ai pris un dictionnaire des synonymes, et je t’emmeeeerde !) quand elle nous assomme avec des "nous n’avons pas de temps à perdre à nous diviser" (sans déconner Ségolène !?!) ou le trio éculé des verbes du premier groupe "Rassembler, expliquer, fédérer, voilà le seul rôle que je me donne." (Trois verbes, un rôle ; Ségo c’est comme le shampoing, elle est trois en un …) ?

L’amusement, tout relatif cependant, pointe quand même le bout de son nez (que dis-je : de son tarin, tellement c’est énorme !) quand elle nous assure que :

"On ne peut pas faire de la politique sans parti."

Alors là, comme dirait Maxwell Qualité Filtre, je crois que ce n’est même pas la peine d’en rajouter !
Comme dirait Martinon, non : "Aucun commentaire !"
Suffit de se repasser le film de la présidentielle pour délicieusement apprécier ce genre de déclaration automnale.

Bon, pour être juste, un soupçon de ravissement me prit, quand à la question :

"Irez-vous au conseil national de samedi ?"

La Présidente de la Région Poitou-Charentes (Ben quoi ? C’est bien de le rappeler non ? Oh Si .. Et pis ça lui fait plaisir à Ségolène, je vous assure ..) répond avec un magnifique aplomb :

"Je serai probablement en Argentine pour l’élection de Cristina Kirchner, puis au Chili. SINON, J’Y SERAIS ALLEE."

Impossible de ne pas se remémorer l’épisode Michelle Bachelet, Bachelet que Ségolène était allée soutenir pendant que tous les éléphants se recueillaient sur la tombe de François Mitterrand, même que Fabius, pour l’occase, il était tout chapeauté comme Tonton.

L’a pas changé, Ségolène.
Sauf que le "Sinon, j’y serais allée." est vraiment de trop.
Faut pas nous prendre pour des gogos, non plus !
La vérité, c’est que ce n’est pas dans ton intérêt d’y aller à ce conseil national de samedi, chérie !
Enfin … 
C’est pas le moment d’y aller, surtout, car ce serait prendre le risque de cramer tes dernières chances de conquérir la tête du PS.
Quand bien même le Joffrin te qualifierait d’
ignifugée.

Bref, il n’y a RIEN dans cet entretien, pas de message propre à enthousiasmer le militant de base, pas de souffle, même pas d’espoir ni de quoi rasséréner le citoyen lambda, RIEN.
En réalité, cet entretien est juste destiné aux éléphants qui voudraient sa peau.
Un truc qui ne nous concerne pas, quoi.
Qui nous emmerde, pour parler français.
Qui nous emmerde royalement, même !

Alors tu vois, mon Joffrin, je ne sais si elle est immarcescible, iconoclaste ou impavide, mais ton ignifugée de Ségolène a éteint mes dernières illusions quant à sa capacité à redonner au Parti Socialiste ses lettres de noblesse.
Et sur ce, je vais m’en … griller une.

PS : Sinon, je suis "trop content" pour Kimi Räikkönen, et ça m’apprendra de ne point avoir écrit sur ce blog que j’avais parié à donf’ (pour reprendre Fadela Amara) sur sa victoire et son titre de champion du monde des pilotes.
Sans me la péter, on ne devait pas être nombreux à y croire …

Re – PS : en ce 22 octobre, je vous invite à lire le billet du jour de Guy Birenbaum. Sans plus de commentaire, et pourtant, il en appelle, ce si beau billet …

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A propos Philippe Sage

Empêcheur de tourner en rond.
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