L’Invité & Ses Obligés

Ca fait quoi ?
Un mois.
Un bon mois ferme que je ne regarde plus la télévision.
Du tout.
Et depuis, comme c’est étrange, je ne suis plus tout à fait le même, ni tout à fait « une » autre non plus.
Mais je m’aime et me comprends.
Et c’est bien là l’essentiel.
J’ai toujours pensé que la télévision était une arme redoutable, juste destinée à endormir et abrutir le peuple.
Au bout d’un mois de sevrage, je le pense d’autant plus.
Anesthésié par la propagande cathodique, le peuple ne se révolte plus ou alors contre des peccadilles, ne s’offusque plus de rien ou alors se trompe (si souvent) de colère, de combats, peut-être même de destin.

Avec la télé, le peuple se « désestine ».

Il n’ose même plus, le peuple, aller trouver son patron, un lundi, pour lui demander poliment mais fermement ce qui lui revient, soit une augmentation substantielle qui lui permettrait, non pas de subvenir à ses besoins, mais à son désespoir.
Ce désespoir entretenu, salé, poivré, assaisonné quotidiennement par la télévision qui – pas conne – nous promet de l’éclipser par quelques rires, beaucoup de larmes et Pernaut Jean-Pierre.
La télé me fait penser à ces créateurs de virus infectant les ordinateurs de la planète et qui, ensuite, viennent vous vendre l’antidote, l’antivirus.
Mais j’y reviendrai dans un billet prochain.

Or donc, au bout d’un mois, j’ai craqué.
Et je ne saurais dire pourquoi.
Ce dont je me souviens c’est de cette zappette maudite, noire, traînant sur la table de chevet, ma main la saisissant, et, vive comme l’éclair appuyant machinalement sur ses touches.
Il était trop tard pour faire machine arrière ; déjà tout mon visage était comme happé par l’écran.
Mais ce que j’y vis m’amusa.

Il s’agissait d’une bande-annonce.

Il y était dit, avec la voix gravement ridicule de circonstance que « ce soir, à 20 heures, Nicolas Sarkozy est l’invité de TF1, en direct de l’Elysée. »
Sans blague ?
Ils sont drôles – ou pathétiques, plutôt – ces gens de TF1, non ?
Parce que, en réalité, n’était-ce pas l’inverse ?

Je veux dire n’était-ce pas plutôt TF1 qui était l’invité – pour ne pas dire l’obligé – de Nicolas Sarkozy ?

Et sûrement, à la demande, l’injonction de ce dernier.

Repus, à la limite presque satisfait, j’éteignais alors l’écran me promettant de ne plus y revenir – ou alors par distraction…

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A propos Philippe Sage

Empêcheur de tourner en rond.
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