Moi Sarkozy, Toi Gène.

"J’inclinerais, pour ma part, à penser qu’on naît pédophile."
Avait déclaré à Michel Onfray, le futur président de la République, Nicolas Sarkozy.
C’était en avril dernier que cette phrase, cet aveu, surgissait enfin.

Etrange qu’aujourd’hui personne n’y fasse allusion.
Etrange car ça explique (en partie) la réaction (trop) à chaud et les mesures préconisées en matière de pédophilie par Nicolas Sarkozy suite à cette atroce affaire dite Evrard.

On pourrait aussi se demander à quoi servent Rachida Dati (Garde des Sceaux) et Roselyne Bachelot (Ministre de la Santé).
Logiquement se serait à elles de proposer des mesures.
Mais non, c’est encore Nicolas Sarkozy qui s’empare de ce dossier, reléguant les deux ministres aux rôles d’exécutantes.
Comme il s’empara du dossier sur l’autonomie des Universités au détriment de Valérie Pécresse.
Ou de celui des franchises médicales au grand dam de (encore) Roselyne Bachelot.
Etc.

A quoi sert donc un ministre sous Nicolas Sarkozy ?

J’aurais bien aimé savoir ce qu’elles en pensaient, Dati et Bachelot, de ce qu’il conviendrait de faire en matière de pédophilie, ce qu’elles auraient, elles, proposé, connaître leur avis sur cette question difficile ; partagent-elles celui de leur "hyperprésident" ?
Vraiment ?
Inclinent-elles à penser comme lui que l’on naît pédophile ?
Je, vous ne le saurez pas.
Elles restent derrière le chef déclamant et réclamant SES mesures, elles restent sagement derrière lui, près du perron de l’Elysée, avec cet air horriblement compassé, plantes vertes du jardinier Nicolas, celui qui arrosant l’opinion dans le sens de l’émotion, promet que les mauvaises herbes seront à compter d’aujourd’hui mises sous serre ad vitam eternam, qu’elles ne pousseront plus dans les jardins d’enfants.

Ce n’était donc pas de la blague cette histoire de naître pédophile.
C’était une vraie conviction.
En prenant connaissance des mesures avancées par le président de la République, on voit bien qu’il n’incline pas mais qu’il pense réellement que l’on naît pédophile, et que donc, il n’existe aucune guérison, aucune rémission possible, c’est ainsi, c’est dans leurs gènes, on n’y peut rien mes chers "con-citoyens", et c’est pourquoi il convient dans le bien de tous, de les écarter définitivement de la société.
Oui, c’est Sarkozy qui nous dit cela, le même homme qui pendant des années, nous assurait qu’il n’y avait pas … de fatalité.

Il faut croire qu’il a changé d’avis.

Mais alors, c’est un changement plutôt radical.
Un tel changement – passez-moi le jeu de mot – c’est plutôt … gênant.
Mais peu lui chaut, ce qui compte c’est de rassurer (et de flatter) l’opinion.
Voilà qui est fait.
Nous ne sommes plus dans une République courageuse, explicative, adulte, mais dans une démocratie d’opinion, un état d’émotion.
Nous voilà surtout dans la démagogie la plus totale.

"Vous pensez ça ? Eh bien, je pense que vous ! Et je vous le prouve !"

Peu importe les conséquences.
Quand elles viendront, nous prendrons encore des mesures à chaud.
Voilà donc l’essence de la politique de Nicolas Sarkozy : un évènement se produit, on ne réfléchit pas à ce qui a pu conduire à cet évènement, à ses causes, surtout pas, ça ennuie l’opinion vous comprenez, on agit, on propose, on enferme, et voilà, l’affaire est réglée, vous pouvez continuer à vous abrutir devant votre télé, et demain vous lever aux aurores pour travailler encore et toujours plus afin de gagner ce que les autres n’ont pas.
Les causes, jamais nous ne traitons des causes.
Comment pourrions-nous les traiter dans ce cas précis, puisque l’on naît pédophile ?
Je vais vous dire, c’est effarant, mais une majorité de français pense comme notre "hyperprésident", que oui, bien sûr, on naît pédophile.

Et pourquoi ?

Parce que c’est simple comme bonjour.
Et ça expliquerait l’inexplicable : violer et/ou tuer des enfants.
Mais alors ne sont-ce pas les parents du pédophile qui sont en partie responsables de sa barbarie ?
Car au fond, ce sont bien eux qui l’ont doté de ses gènes …
Vous imaginez, un pédophile qui pour sa défense se retournerait contre ses parents ?
Vous pensez que non, faut quand même pas déconner, non ça n’arrivera pas, ce n’est pas possible ?
Et pourquoi, puisque d’après notre "hyperprésident", l’on naît pédophile ?
Pourquoi puisqu’avec Nicolas Sarkozy, désormais, tout devient possible ?

C’est un sujet difficile et douloureux que la pédophilie.
Je me souviens qu’il fut, je ne sais plus à quelle occasion, "traité" dans l’une des émissions que je co-animais cette saison.
Je me souviens des mots, des "solutions" proposées par les auditeurs : la castration chimique, la castration pure et simple, la peine de mort, et deux fois s’il le fallait, certains proposaient même de les brûler, de les faire sécher au soleil, de les offrir au peuple pour les lapider, les écarteler, les étêter.
C’était d’une violence inouïe.
A une barbarie répondait une autre barbarie.
Et si je tentais d’expliquer que ce n’était pas la réponse, l’argument tombait net :

"Et si l’on violait et tuait ta fille, tu ferais quoi, pauvre crétin ?"

Je ne sais pas ce que je ferais.
Comment pourrais-je le savoir, d’ailleurs ?
Mais j’ose espèrer que toutes ces années passées à contenir cette violence qui roupille en moi, comme en chacun d’entre nous, toute cette violence incroyable que j’ai canalisée, domptée, cultivée, transformée aussi en colère quand c’était nécessaire, saine mais véritable colère, toutes ces années passées à me battre, à me construire, à m’aimer un peu, j’ose espérer que j’aurais la force pour ne pas les envoyer brûler en Enfer toutes ces années d’efforts, la force pour ne pas à la barbarie répondre par une autre barbarie.
Car ce n’est pas la bonne réponse.
Ce ne sera JAMAIS la bonne réponse.
Il y en a une autre qui (nous) demanderait tellement, que bien évidemment, on n’en veut pas.
Non, on préfère applaudir les idées simples (mais dangereuses à terme) de monsieur Sarkozy.

Moi, définitivement, je préfère le philosophe danois qui écrivait :
"Ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est le chemin."
Ce n’est pas le chemin choisi par Nicolas Sarkozy.
Ca ne semble pas être non plus, celui de l’opinion abrutie et conditionnée par cette saloperie qu’est la télévision.
Eh bien, que voulez-vous que je vous dise sinon :
"Bonne nuit !"

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A propos Philippe Sage

Empêcheur de tourner en rond.
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Un commentaire pour Moi Sarkozy, Toi Gène.

  1. Unknown dit :

    non, non pas abrutie dans sa totalité…bonuit, fêtes de beaux rêves et j\’espère que les années à venir ne verront pas fleurir à nouveau des livres tels que celui-ci… et avec des noms tel que celui de sarko pour "eugénifier" l\’être sans l\’être…Au nom de la science

    de Andrew Goliszek

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