Ségolène Sarkozy & Nicolas Royal ?

 
A l’épuisante question :
Mais qui est donc sorti vainqueur du débat télévisé d’hier soir ?
Moi, j’ai la réponse !

C’est TF1.
Avec 12 979 720 télespectateurs.
Le grand perdant de cette affaire étant (comme d’habitude) France 2 avec 5 894 720 télespectateurs de moins que la chaîne de Martin Bouygues alors qu’elle nous proposait pourtant le MEME programme, programme que nous qualifierons, bien généreusement et dans la plus grande mansuétude, de "parodie de débat".

De ce résultat, j’en tire deux conclusions pour le moins ébouriffantes :
Soit le télespectateur lambda est allergique à PPDA sur France 2 ; soit il trouve qu’Arlette Chabot est "trop bonne" sur TF1.
A vous de juger, comme dirait …
… Ben, Arlette Chabot (mais sur France 2 !).

Arlette Chabot qui, dans une coiffure défiant les lois de la "capilliculture", n’a pipé mot, hier soir !
En clair, elle a travaillé moins pour gagner pas grand chose, dans une France qui s’apprête à gagner plus pour gagner (soit-disant) plus.
Enfin si !
Arlette a gagné quelque chose d’inestimable : elle a claqué deux bises au Sarko.
Ce qui mérite, sur le champ, une réunion des partenaires sociaux !

Ah, les partenaires sociaux !

Je ne sais ce qu’il adviendra des chômeurs si Ségolène Royal est élue dimanche soir, en revanche, ce que j’ai bien compris hier soir, c’est qu’avec la France Présidente, les partenaires sociaux, eux, ils ne vont pas chômer !
Vont même turbiner copieux, les partenaires sociaux !
Avec Ségolène à l’Elysée, ils en prennent pour cinq ans de réunions non stop.

Pour le reste, que vous dire ?

Que suis affligé d’avoir entendu autant de platitudes, autant d’inexactitudes, d’approximations.
Terrifié par tant de démagogie, de faux-fuyants, de fausse colère et de mise en "saine"
Assommé par ce qui se résuma, au fond, à un jeu d’acteur carrément grotesque.

D’abord, une Ségolène Royal offensive,quand elle ne fut pas agressive, agressive à tel point que machinalement, je me surpris à baisser le son de mon téléviseur.
Je ne voulais plus l’entendre.
Je ne voulais plus car, dans sa révolte, Ségolène ne SAIT PAS S’ARRETER.
Elle, héritière à l’en croire de François Mitterrand, l’homme qui disait qu’il fallait au temps donner du temps, ne sait pas gérer son temps (de parole).

Oh je sais, puisqu’elle était dans la peau du challenger, il fallait bien, oui, qu’elle prenne l’initiative.
Mais de là à bouleverser, comme elle le fit d’emblée, le conducteur prévu, sans doute parce qu’elle estimait qu’il n’était pas établi dans un "ordre juste", de là à le bousculer "brutalement" jusqu’à en faire une bouillie dans laquelle nous n’y reconnaissions plus nos petits (problèmes) c’était nous voler le débat d’idées tant promis, le tant attendu "projet contre projet".
De fait, nous eûmes droit à un assourdissant concert de généralités, et je vous passe cette systématisation, de l’un comme de l’autre, à simplifier des dossiers complexes, je vous le passe, car c’en est écoeurant tant c’est indigne d’un débat d’une telle importance.

Quant à Nicolas Sarkozy, cette fausse courtoisie, ce ton horripilant de condescendance, ce mépris si mal contenu, à la limite, voyez-vous, je préfèrais encore quand il se répandait en "racailles" et autres "Kärcher".
La mue de l’homme de Neuilly n’est, je l’ai déjà dit, que pur travestissement.
Mais cette mue, indirectement, nous la devons … à Ségolène Royal.
C’est bien parce qu’elle fut désignée par les militants socialistes le 16 novembre dernier, que Nicolas Sarkozy prit alors le costume de l’homme calme, serein, apaisé ; de l’homme qui parle doucement, parce que c’est ainsi, chez lui, que l’on doit parler au femme.
Du moins quand on est en public.
Devant des millions de gens à qui l’on demande (aimablement) de s’exprimer par les urnes.
Et de préfèrence, en sa faveur.

Par ce ton posé, contre nature, hier soir, il a réduit Ségolène Royal à l’état de femme.

S’il s’était adressé à elle comme à un responsable politique, il n’aurait jamais employé ce ton-là.
Car ce faisant, il lui aurait accordé le statut de "présidentiable".
Il faut cependant reconnaître que les Fabius, Emmanuelli et consorts l’ont bien aidé dans cette basse besogne.
Car ce sont bien eux qui, les premiers, ont dénié ce statut à Ségolène Royal.
Nicolas Sarkozy n’a fait que terminer le travail.

Dès lors, feintes ou pas, les colères et les révoltes de la candidate socialiste, n’étaient hier soir, que des colères et des révoltes … de (bonne) femme !
A contrario, quand elle s’ingénia, dès le début, à renvoyer Nicolas Sarkozy à son statut de Ministre de l’Intérieur afin de le confondre, de le confronter à son bilan, elle n’y parvint pas.
Nicolas Sarkozy n’était pas, hier soir, le Ministre de quoi que ce soit.
Il avait quitté le bateau à temps.
Assez, pour apparaître comme un simple candidat.
Par sa mue calculée, son départ du gouvernement que d’aucuns qualifiaient de tardif, Nicolas Sarkozy a démontré qu’il était un fin tacticien.
Une anguille.
De fait, les envolées outrées de Ségolène jusqu’à sa "saine colère" de "femme debout" glissèrent à fonds perdus sur le roquet fait anguille. 

Voilà ce que j’ai vu, hier soir.
Comme une inversion des rôles.
Ségolène piégée, devenant Sarkozy, et devant cette mue qu’il avait provoquée, il resta, Nicolas, royal.
Dès lors, il devenait comme incongru d’entrer dans le vif du sujet, je veux dire, les préoccupations des français.
A peine, si elles furent survolées.
Et donc, volés.
Nous nous sommes fait voler.
C’est proprement honteux, "madam’ Royal" !
A tel point que je me demande s’il ne faudrait pas convoquer là, tout de suite, les "fameux" partenaires sociaux !

Mais il est déjà trop tard.
Le piège s’est refermé, et avec lui, le scrutin de dimanche.
A ce débat grotesque succèdera un numéro grand guignol.
Un déluge indécent de flonflons et de cornes de brumes.
Et toute honte bue, nous assisterons, défaits, au triomphe de l’arrogance, à la victoire de l’apparence, à l’insupportable spectacle de l’évidente fausse modestie d’un vainqueur depuis longtemps annoncé.


ILLUSTRATION DE MA "SAINE" TRISTESSE

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A propos Philippe Sage

Empêcheur de tourner en rond.
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2 commentaires pour Ségolène Sarkozy & Nicolas Royal ?

  1. mélina dit :

    Juste elle pouvait pas faire deux choses en même temps, la Chabot, masquer son troisième menton et séparer les deux garnements.
    Des bizettes, ahhh, Radiohead.

  2. Passion Politique dit :

    Ce débat n\’était rien d\’autre que le véhicule d\’un message propre à chacun des candidats. Les deux ne sont pas évidemment exempts de reproches, mais il est certain que la 1ère demi-heure était pénible ainsi placée sous l\’arrogance méprisante d\’une certaine Ségolène Royal… Qui eût cru que les réactionnaires n\’étaient uniquement que les extrême gauche ?

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