Nicolas Berluskozy

Nicolas Sarkozy est-il une sorte de Silvio Berlusconi français ?
François Bayrou le pense.
D’où le titre de ce billet.

Pour le reste, j’ai une nouvelle épatante :
Nicolas Berluskozy a ENCORE changé.

Il suffit de lire
le Monde en date de demain pour s’en rendre compte !

En effet, à la question suivante :
"Comment concilier cette ouverture avec le discours que vous tenez en direction des électeurs du Front national ?"

Nicolas Berluskozy répond :
"Je m’inscris en faux sur la prétendue droitisation du débat politique."

Oui vous avez bien lu :
En ce 25 avril 2007, il s’inscrit en faux contre la PRETENDUE droitisation du débat politique !

Or, le jeudi 12 avril de cette même année, soit il y a treize petits jours, voici ce qu’il déclarait dans le quotidien Libération :

"(…) si je veux être tout à fait honnête, Ségolène est plus à droite que Jospin, je suis plus à droite que Chirac, Bayrou est plus à droite que Lecanuet. Finalement, celui qui est moins à droite qu’avant, c’est Le Pen !"

Bon d’accord, nous sommes passé du 1er au second tour, et chacun sait que le second tour ne se joue surtout pas à Droite, mais au Centre [1].
Mais quand même !
Quel changement d’analyse sur le débat politique français en même pas quinze jours !
Même Chirac – et pourtant il est ceinture noire en la matière – il ne l’aurait pas fait, ça !
Il aurait attendu 5 jours de plus.
Et un jour férié de préférence, de manière à ce que personne n’entende.

D’autre part, si je voulais chercher la petite bête, je pourrais relever aussi cette – petite – contradiction, toujours dans l’entretien accordé au quotidien Le Monde.
Ainsi à la question :

"Comment allez-vous vous adressez aux électeurs de François Bayrou ?"

Nicolas Berluskozy répond :

"Les électeurs n’appartiennent pas davantage à François Bayrou qu’à Ségolène Royal, à Jean Marie Le Pen ou à Nicolas Sarkozy."

Or, même pas quinze lignes plus bas, que dit l’ami de Silvio :

"(…) Il [Bayrou] a toujours été dans la majorité de droite et du centre. S’il change, c’est son droit, mais qu’il le dise à ses électeurs."

Faudrait savoir ?
Il me semble bien que "SES" soit un possessif, non ?

Et si je veux lui chercher des poux pas beaux du tout, je n’ai qu’à me rendre d’un pas léger à la réponse qu’il fournit à la question n°7.
Un pur modèle de rhétorique sarkozienne qui consiste à répondre à une question par une autre question (mais simpliste) qui commence souvent par l’expression : "Au nom de quoi, Mme Chazal …"
Dans le cas qui nous préoccupe, cela donne :

"Mais je ne veux pas dire à quelqu’un qui a voté FN qu’il est un mauvais Français. Vous n’interdisez pas votre journal aux électeurs de M. Le Pen. Pourquoi ne devrai-je pas leur parler ?"

C’est assommant, non ?

Ce n’est pas le fait de leur parler qui est mal (pour reprendre son fameux : "Au nom de quoi, récupérer les électeurs du Front National, c’est mal ?") c’est la façon de le faire.
Ce sont les mots que l’on emploie.
Le Monde s’adresse effectivement à tout le monde (d’où son titre ?) quelle que soit sa couleur politique, mais à ma connaissance, jamais Le Monde ne s’est adressé à ses lecteurs en leur signifiant que La France, il faut l’aimer ou la quitter.
Comme l’a fait Nicolas Sarkozy, reprenant là, un slogan facheux (pour ne pas dire autre chose) du Front National récupéré également par Philippe De Villiers. [2]

Ca fait quand même beaucoup de contradictions, d’inexactitudes ou de retournements de veste en sept questions.
Du coup, le reste de l’entretien, ben je l’ai pas lu.
Car comme dirait Nicolas :
"Au nom de quoi, continuerai-je à lire un entretien où de ligne en ligne, j’arrive même pas à croire ce qui est écrit, j’arrive tellement pas à le croire, qu’il me semble que j’ai la berlue(skozy) …"
Non mais !

[1] Eh oui, c’est là l’ironie d’une présidentielle !
C’est toujours au centre que se gagne une telle élection, mais ce n’est jamais le Centre qui la gagne, cette élection.

[2] Dimanche soir, De Villiers déclarait que n’étant pas propriétaire de ses voix, il ne donnait aucune consigne de vote.
Aujourd’hui, il appelle à voter Nicolas Sarkozy.
Nicolas Sarkozy qui souhaite
une France de propriétaires.
Philippe De Villiers a dû subrepticement s’en souvenir, c’est sans doute la raison pour laquelle, en 48 heures, il est devenu subitement propriétaire de ses voix.

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