Non, Nicolas Sarkozy N’a Pas Changé (Bien Au Contraire !)

 
"Un renard change de poil, non de caractère."
[Suétone – Historien Latin né en 69, mort en 125]

Je l’avais écrit ici, j’avais été positivement marqué par le discours d’investiture de Nicolas Sarkozy le 14 janvier dernier.
Ca m’avait même foutu les j’tons.
Comme quoi, y’a rien à faire, avec ce Sarkozy, d’une façon ou d’une autre, au final, le sentiment qui prédomine, c’est l’inquiétude.
Peut-être parce qu’il m’est difficile d’oublier que c’est Gianfranco Fini qui signe la préface de son "Témoignage" en Italie.
Et d’ailleurs : pourquoi l’oublierais-je tant cela pose des questions qu’étrangement en France personne ne semble se poser, ou si peu.

On ne se pose pas beaucoup de questions en France, ou alors pas les bonnes.
Ou alors, on le fait exprès.
Par lâcheté ou par je ne sais quoi.

Tenez !
Le 8 mars dernier, dans l’émission "A Vous De Juger", Nicolas Sarkozy annonce que s’il est élu il créera un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, ce qui provoque un tollé à gauche, et même l’émoi chez certains de ses partisans ou soutiens.
Mais qui aura retenu que deux phrases plus loin, Nicolas Sarkozy précisait que son gouvernement pratiquerait l’ouverture …

Mais l’ouverture à qui ?

Personne ne lui a posé la question.
Vous me direz qu’en proposant un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, on peut en avoir une idée, non ?
Une idée qui se précise même de plus en plus quand la semaine dernière dans le quotidien Libération, Le candidat de la droite (très) décomplexée déclare :

"Ségolène est plus à droite que Jospin, je suis plus à droite que Chirac, Bayrou est plus à droite que Lecanuet, celui qui est moins à droite qu’avant, c’est Le Pen."

Ce qui – pour moi – équivaut à signifier que Jean-Marie Le Pen n’est plus à classer à l’extrême-droite.
Ce temps-là, nous souffle Sarkozy, est révolu.
Ou comme dirait Gianfranco : Fini !
La "dédiabolisation" du FN entreprise par Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy vient de l’entériner, si ce n’est de l’achever.
On peut donc désormais, pourquoi pas, envisager de s’allier avec lui, le FN, comme ce fut "partiellement" le cas lors des régionales de 1998.
Serait-elle là, l’ouverture évoquée le 8 mars dernier par le petit avocat des Hauts-de-Seine ?
Va savoir …

Tout dépendra du score du FN dimanche soir ..
Plus il sera haut, et …
… Plus l’ouverture prendra corps ?

Est-ce pour cela, qu’hier, Nicolas Sarkozy a paraphrasé le célèbre "N’ayez pas peur !" de Jean-Paul II ? 

Oui, je sais, il n’y faisait pas référence pour les raisons que je développe aujourd’hui.
Mais pour lui-même.
En vérité, hier, Nicolas Sarkozy nous a dit : "N’ayez pas peur de moi !"
Pourquoi ce besoin de nous le dire ?
Puisque dans son discours du 14 janvier dernier par onze fois, cet homme nous assurait qu’il avait … changé !

Comprendre qu’il fallait oublier l’homme impulsif, l’homme qui inquiète, celui qui parle de "racailles" ou de "kärcher"

Mais là encore, n’est-ce pas étrange, un homme qui nous dit non pas qu’il a changé, mais qui le dit onze fois, comme si ça n’était pas une évidence ; qui le martèle, comme s’il voulait nous l’enfoncer bien profond dans le crâne ; comme si cet entêtant "j’ai changé" n’était rien d’autre qu’un vulgaire slogan publicitaire ?
Un homme qui a changé, on le voit, il n’a pas besoin de nous le dire.
S’il éprouve le besoin viscéral de nous le dire, alors, c’est qu’il n’a peut-être pas .. changé ?
S’il a ce besoin boulimique de le scander, c’est qu’il veut peut-être nous le faire croire – qu’il a changé ?
Sinon pourquoi ce besoin de nous le dire et redire ?
Avez-vous déjà rencontré dans la "vraie vie" un homme qui vienne vous dire : "j’ai changé !" sans que vous n’esquissiez un sourire entendu, haussiez les épaules, ou pensiez qu’il vous fatigue.
Dans la "vraie vie" un homme qui a véritablement changé, ne se présente-t-il pas à nous de façon modeste, calme, mesuré, et n’est-ce pas plutôt nous qui lui faisons remarquer que c’est fou comme tu as changé !
Oui, n’est-ce pas nous qui le confirmions ?
Et non lui ?

Je vais vous dire :
Nicolas Sarkozy n’a pas changé.
Sinon de ton.
Même que parfois, il faut monter le son du téléviseur pour l’entendre distinctement.
Il a troqué son ton menaçant (qui faisait peur) contre un ton rassurant (qui fout les j’tons).
C’est tout ce qu’il a changé.
Un homme qui change, change aussi d’amis.
Or, Balkany est toujours son ami.
Vanneste fait toujours partie de sa formation politique.
Quant à Jean-Marie Le Pen, il est (donc) "moins à Droite qu’avant".
C’est peut-être cela qui a changé.
Mais non.
Puisque Gianfrano Fini signe la préface du livre de M. Sarkozy en Italie.

Et ça me suffit pour dire aujourd’hui, que non, jamais, de ma vie jamais, je ne voterai pour un homme tel que Nicolas Sarkozy.
Un homme qui je vous le rappelle incline à penser que l’on naît pédophileentre autre.
Le même homme qui pendant cinq longues années n’a cessé de nous dire : "Je ne crois pas à la fatalité !"

Maintenant, faites comme bon vous semble …

"Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots."
[Jean Jaurès]

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A propos Philippe Sage

Empêcheur de tourner en rond.
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