L’Avocat Du Diable.

"Au nom de quoi récupérer les électeurs du Front National, c’est mal ?"

Voilà la question que se pose (nous pose ?) Nicolas Sarkozy dans le quotidien Libération en date de ce jour.
Ce qui est "amusant" c’est l’expression : c’est mal ?
Est-ce un enfant qui nous parle ?
Qui d’autre qu’un enfant peut se demander si c’est mal ?
Doit-on confier le pouvoir à un enfant ?
Et surtout : au nom de quoi ?

Vous remarquerez que je fais tout comme Nicolas Sarkozy : je pose à tire-larigot des questions (épuisantes) à la population … C’est une nouvelle manière de faire de la politique, que voulez-vous !
On peut le déplorer.
Pourquoi ? – Ah, je recommence à faire comme Sarkozy … – Eh bien parce que nous sommes des citoyens et non pas des jurés dans un tribunal.
Or c’est ainsi que semble – depuis toujours – nous considérer M. Sarkozy : des jurés dans un tribunal.
Et lui, il fait l’avocat.
Ce qui est d’ailleurs, son métier.
Il est né comme ça, Nicolas : avocat.
Génétiquement, c’est irréfutable … Du moins, d’après la génétique sarkozyste.

Au nom de quoi, je ne sais pas si c’est mal, monsieur l’avocat, ce qui m’ennuie, c’est le verbe que vous employez ; le verbe : récupérer.
Cela sous-entendrait que tous les moyens sont bons.
Tant récupérer est différent de convaincre.
Vous me suivez ?
Mais au moins, cela a le mérite d’être clair et qui plus est, cela résonne (à défaut de raisonner) comme un aveu.
Et un avocat qui avoue, ça, c’est pas banal.
Mais vous le savez, avec Sarkozy, tout devient possible !

Or donc, notre avocat des Hauts-de-Seine nous avoue qu’il veut faire dans la récup’.
On s’en doutait un peu, cela dit.
Le dossier devenant comme qui dirait (lourdement) édifiant avec – entre autre :
– Annonce le 8 mars dernier de la création d’un ministère de l’immigration ET de l’identité nationale faisant écho au ministère de la population proposé par Bruno Mégret en 1991.
– Reprise d’un tube impérissable du FN : la France, on l’aime ou on la quitte (n’est-ce pas ….)
– Appel aux maires de ce beau pays pour accorder leur parrainage à Jean-Marie Le Pen et … Olivier Besancenot (le "Besancenot" n’étant cité que pour faire diversion, noyer le poisson rouge, amuser la galerie …).

Effectivement ça sent moins le combat politique – au sens noble du terme – que la récupération à tout crin, la fin justifiant plus que jamais les moyens.

Maintenant la question que l’on pourrait se poser c’est : jusqu’où "s’arrêtera-t-il" notre avocat dans sa récup’ de l’électorat frontiste ?
Ira-t-il jusqu’à ….

.. Non, tout de même pas …
NOooOon, il n’ira pas jusque là !

Ben si .
C’est fait.
Il a franchi le rubicon, le néocon.

Lisez vous-même :

Nicolas Sarkozy dans Libération, ce jeudi 12 avril 2007 :
"Ségolène est plus à droite que Jospin, je suis plus à droite que Chirac, Bayrou est plus à droite que Lecanuet, celui qui est moins à droite qu’avant, c’est Le Pen."

Oui, vous avez bien lu : "… celui qui est moins à droite qu’avant, c’est Le Pen."

Traduire : tout le monde s’étant déplacé sur sa droite, Le Pen est, de fait, moins à droite, donc … plus d’extrême-droite !
C’est mécanique, quoi.
C’est énorme, surtout !
Mais vous saisissez ce que cela signifie ?

Ben tout de même !

Cela signifie que comme il n’est plus d’extrême-droite, eh bien, il sent bon Jean-Marie et donc l’on peut désormais discuter avec lui comme faire un débat (amical) entre les deux tours de la présidentielle par exemple, et, pourquoi pas, envisager des alliances, comme tiens par exemple, aux législatives.
D’autant plus vu le mode de scrutin des législatives privé de sa dose de proportionnelle et donc privant le FN de représentation au Parlement.
Alors, proposons-lui une alliance (de dupes) : pas de parlement, mais vos idées seront représentées, croyez-le bien, par nos fidèles grognards de l’UMP, au hasard, Raoult, Vanneste et Rivière.

Mais ce n’est pas tout.
Les propos de ce jour de Nicolas Sarkozy font écho à une déclaration de … Jean-Marie Le Pen. 

Vous en voulez la preuve ?

Eh bien la voici :

Le Pen dans Paris-Match, le jeudi 4 janvier 2007 :
"Ce n’est pas moi qui me suis déporté vers l’extrême-droite, c’est le corps politique français qui s’est déplacé vers la gauche."
Et Le Pen d’asséner : "Je suis un homme de centre-droit !"

On avait bien ri (jaune) en lisant cette déclaration.
Ce qui fait moins rire aujourd’hui, c’est que Sarkozy confirme les propos du leader du FN, à la seule différence qu’en trois mois, le corps politique s’étant, d’après notre avocat des Hauts-de-Seine, replacé sur sa droite, Le Pen n’est plus de centre-droit, mais juste de droite, toujours d’après notre "brillant" généticien d’avocat.

A ce niveau-là, c’est même plus de la récupération, c’est de la connivence claire et nette, pour ne pas dire autre chose tant ces deux-là pourraient être, s’ils continuent sur cette voie, amenés à collaborer.

Notre avocat vient tout bonnement d’avouer que son client, c’est Jean-Marie Le Pen.


I
l faudrait être aveugle (ou borgne) pour ne point le voir.
Et au royaume des aveugles …..
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