Mes Chers Compatriotes …

C’est donc demain soir (dimanche) à 20 heures que Jacques Chirac va – avec ou sans lunettes ? – dans une dernière allocution, nous gratifier de :
"Mes chers compatriotes .. "
Mais ensuite, que va-t-il nous dire ?
Essayons de le deviner ..
[Toi aussi, ami bloggeur, tu peux jouer avec moi par le biais des commentaires …]

Il nous dira que pendant ces douze années, il aura veillé aux intérêts de la France.
Peut-être ajoutera-t-il l’adverbe "scrupuleusement".
Qu’il aura eu le souci de préserver les valeurs de la République auxquelles nous sommes toutes et tous (particulièrement) attachés (à commencer par lui).
Comme la laïcité, le respect des libertés et le principe de l’égalité des chances.
Sans doute évoquera-t-il la fraternité à travers le concept de solidarité.

Il ne manquera pas de nous rappeler que la France est une grande nation.
Que notre pays n’est pas en déclin, que partout dans le Monde, on envie notre modèle républicain.
Et va savoir, s’il n’osera pas un :
"J’aime profondément la France !"
Il insistera, en tout cas, sur le fait que sommes un grand peuple, un peuple qui a toujours su s’adapter aux changements, voire aux désordres du monde.
Ces désordres qui pourtant nous menacent et auxquels nous devrons faire face, demain.
C’est peut-être là, qu’il nous mettra en garde.
En nous rappelant qu’il a toujours combattu le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie.
Qu’il a eu constamment ce souci de lutter contre toutes les formes de discriminations.
Il nous mettra (fermement) en garde contre la tentation du repli sur soi et celle du communautarisme.

Comme il ne voudra pas apparaître comme l’homme-qui-s’en va, comme l’homme du passé et du passif, il nous parlera de ces formidables défis qui nous attendent.
En premier lieu, le défi environnemental ; nous n’échapperons pas au désormais fameux couplet "la planète est en danger".
Bien évidemment, la France sera pionnière en matière de lutte contre le réchauffement climatique.
Il nous invitera à investir dans la recherche et l’innovation, précisant que c’est là le génie francais, et la particularité de la France : son imagination et sa capacité à innover sans cesse.
Il ponctuera souvent son discours de :
"Je sais que vous saurez .."

Mais quand bien même s’évertuera-t-il à nous classer dans le camp des vainqueurs de demain, qu’il nous mettra en garde, une nouvelle fois.
Ce sera le couplet :
"N’ayez pas peur, mais faisez gaffe quand même !"
Car la Chine, l’Inde, et peut-être (il le faudrait pourtant) le Pakistan.
Et puis la situation au Proche-Orient.
Il évoquera l’Irak, l’Iran, et saluera le Liban, ami indéfectible de la France.
Il ne parlera pas de la Tchétchénie, ni de l’Afghanistan.
Encore moins de l’Arabie Saoudite.
Mais parlera-t-il du Darfour ?
Parlera-t-il de l’Afrique ?
De ce qui la ronge et dont nous ne sommes pas étrangers ?
C’est là, qu’il nous fera comprendre ce qu’est – pour lui – la fonction d’un Président de la République.

Bien sûr, il ne pourra pas ne pas positiver son bilan.
Alors, nous aurons droit à l’insécurité routière qui a fortement reculé ; comme a reculé le cancer. Le chômage.
Et les handicapés qui ont trouvé une place dans notre société, même si, concèdera-t-il, il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine.
Mais parlera-t-il de la précarité, de toutes ces inégalités, de cette fracture sociale, qui n’ont cessé de grandir dans notre pays lors de ses deux mandats  ?
Parlera-t-il de l’Europe, ce rendez-vous manqué ?

Ce qui est sûr c’est qu’il n’apportera pas, demain, son soutien à M. Sarkozy.
Et d’ailleurs qui dit que d’ici le premier tour, il le lui apportera clairement, tant un chef d’Etat doit se situer au dessus des partis, au dessus de tous les clivages ?
Non, vraisemblablement il préfèrera nous dire que le grand peuple que nous sommes doit, plus que jamais, se rassembler ; oui, il sous-entendra une idée forte, la réconciliation nationale, affirmera son souhait, celui que cette campagne présidentielle soit digne et se déroule dans le respect (de nos institutions, bien sûr).
Il aimerait bien nous remettre en garde contre le racisme, l’antisémistime, la xénophobie, le communautarisme ..
Il aimerait ne nous parler que de ces dangers-là.
Mais il terminera juste par :
 "Vive la République, Vive La France !"
Pensant que nous saurons être assez forts pour nous souvenir à temps que la France, la République, c’est ce qui fait que nous sommes libres, égaux et fraternels.

Ah ui, que je suis cloche, j’ai oublié un truc :
Nous annoncera-t-il qu’il se représente, ou pas ?
Et COMMENT le fera-t-il ?
Tout étant dans le COMMENT ! – Il n’y a que cela qui sera particulièrement intéressant demain, le comment …
Eh bien, s’il est logique avec lui-même, il nous expliquera que s’il ne se représente pas c’est que ce n’est pas dans l’intérêt de la France.
Ca peut paraître cruel ce que j’écris, mais ça ne l’est aucunement.
Puisque le mardi 31 octobre 2006, lors d’un entretien accordé au Figaro, il en parlait déjà :

QUESTION En fonction de quels critères – intérieurs, extérieurs – prendrez-vous votre décision ?

LE PRESIDENT Un critère tout simple : l’idée que je me fais de l’intérêt de la France.

Alors, et pour paraphraser celui que vous fîtes battre en 1981, monsieur le Président De La République, je vous le dis :
"Au Revoir !"

 


Chirac
envoyé par systaime

Publicités

A propos Philippe Sage

Empêcheur de tourner en rond.
Cet article a été publié dans Actualités et politique. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s