Du Yacht à la Pirogue [5 Ans de Sarkozysme]

Le Sarkozysme…

… Ça commence en voguant  :

… Et ça se finit en ramant :


Et le 22 avril 2012, logiquement, ça devrait couler à pic !

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De La Radio Libre ! [Exposition]

C’est une belle aventure, unique, militante et généreuse.
Mais, je sais, ils ne veulent pas en entendre parler, ceusses qui font de la FM, nos jours. Allons, c’est de l’histoire ancienne, qu’ils disent, au diable vos commémorations, toutes ces breloques, vos souvenirs de radios libres ou pirates.
Franchement, à quoi ça sert et qui ça intéresse ?

Qui ?
Certainement pas ces animateurs qui jactent vingt secondes à chaque « micro ».
Et d’ailleurs, ils n’ont d’animateur que le nom. Ils ne sont, en réalité, là que pour vendre des marques. Celle de la radio qui les emploie et celles des annonceurs qui les payent.
Mais ils en sont fiers, et n’hésitent pas à parler de magie de la radio.
Peu leur chaut les Van Troeyen, les Lefébure et autres pionniers de ce que l’on nomme « La Libération Des Ondes ». Ils ne connaissent pas Foucault ( Michel, pas Jean-Pierre), Deleuze, Guattari, ils ne connaissent qu’eux-mêmes, égocentrés jusqu’à se wikipédier.
Ce sont des professionnels. Du commerce.
Des néolibéraux.

Ils taffent pour des trusts, Lagardère (Europe 1, Virgin Radio, RFM, Autoroute FM) Jean-Paul Baudecroux (NRJ, Chérie FM, Rire et Chansons, Nostalgie) Bertelsmann (RTL, RTL2, Fun Radio) ou Alain Weill (BFM, RMC Info). Sans se poser la moindre question. Formatés au cube qu’ils sont. Ça les dérange pas.
Pis : ils sont persuadés qu’ils donnent du bonheur « aux gens » ; qu’ils sont subversifs, même, pour certains ; drôles, pertinents, qu’ils jouissent d’une belle liberté d’expression, ah ça, je vous assure, j’ai carte blanche, je peux dire ce que je veux à l’antenne, « bite-poil-couilles ou prout, et même : fuck ! » et « mes auditeurs » itou.
Oui, tant que l’annonceur (ou l’actionnaire) n’est pas égratigné par quelques propos (à peine) désobligeants. Auquel cas, le téléphone sonne, et fissa, dans le burlingue du boss.
Pas grave ! Ça ira faire l’intéressant chez Baudecroux ou chez Bertelsmann, car dans ce monde-là, messire, on s’arrache les présumés trublions, les supposés perturbateurs ou les bons exécutants, les lisses, ceux qui font jamais de vagues.
Ils sont interchangeables. Et corvéables à souhait. D’excellents collaborateurs, en quelque sorte. Y’a même pas à censurer quoi que ce soit, ils le font très bien eux-mêmes. Et s’ils franchissent la limite, ils s’en excusent, et ô combien platement. De gentils toutous. Des Morandini qui s’ignorent, mais dont le point commun, est l’exécration d’un mot, ah ça, ils ne veulent pas l’esgourder celui-là ; le mot : culture.
Et d’ailleurs, ils ne comprennent pas comment en France, au 21ème siècle, on puisse encore demander aux citoyens-contribuables de financer France Culture. Pour l’audience que ça fait, c’est gâcher notre pognon ! En plus, z’avez vu le nombre de fréquences qu’elle squatte sur la bande FM, cette France Culture ! N’allez pas leur dire que cette radio du service public est l’une des plus « podcastées » du paysage radiophonique… Eux, ne fonctionnent qu’à l’audimat, le Médiamétrie, et l’espèrent bientôt quotidien plutôt que trimestriel.
Ce ne sont pas les auditeurs qu’ils aiment, mais les parts de marché.

On comprend dès lors, qu’ils ne veuillent point entendre parler de cette Radio Active, celle épique de 1975, de Radio Verte et de Radio Ivre, pas même de Carbone 14, ni des survivantes comme Libertaire à Paris, Canut à Lyon, l’Eko des Garrigues à Montpellier, Campus à Lille, et s’ils écoutent de temps en temps Nova, ils n’en connaissent pas l’histoire : Jean-François Bizot, Andrew Orr, Jean-Marc Fombonne, ça ne leur dit rien de rien. Ils n’en ont cure. Faut envoyer la pub et le prochain Lady Gaga. Et surtout, et avant toute chose, être « fédérateur », « convivial », pas « segmentant »… Novlangue, celle du commerce (non équitable) injectée dans le champ radiophonique.
C’est formidable, non, d’être à ce point policé et se croire, pourtant, subversif…
Avoir cette chance de pouvoir s’exprimer derrière un micro, et n’en rien faire, c’est misère. En même temps, si tu l’ouvres, t’es « out ». Mais crois-tu qu’ils iraient l’ouvrir sur une webradio ? Non plus. Ça fonctionne pareil. Les mêmes règles, car – et c’est quand même fort – sur Internet (espace de liberté, pourtant) t’as pas plus de chance de trouver une Radio Lorraine Cœur D’Acier, une Radio Quinquin, ce qui se traduirait aujourd’hui par une Radio Continental, une Radio Molex ou même une Radio France Telecom.

Non, vraiment, ce que Thierry Lefebvre appelle La Bataille Des Radios Libres, ça ne les intéresse pas. C’est leur Histoire, pourtant, une révolution qu’aura permis de venir à bout d’un monopole, celui d’État de la radiodiffusion.
Seulement voilà, un monopole en a remplacé un autre.
Le politique (de gauche – PS – comme de droite – RPR/UDF/PR), faut avouer, à bien aidé à. En quatre temps. Quatre lois. Les deux dernières (celles du 1er août 1984 et du 30 septembre 1986) ayant ouvert les vannes. Aux radios fric !
Baudecroux, Bertelsmann, Weill et Lagardère n’avaient plus qu’à racheter, un à un, tous les ilots de liberté. Et les solder. En faire un fast-food sonore. Normalisation totale. Circulez, y’a plus rien à entendre. Sinon quelques insoumises. Pour lesquelles ils n’ont que condescendance, quand ce n’est pas du mépris… Des associatives, mon dieu, mais c’est pas du travail, ça ! HDR, Grenouille, FMR, RTF, ça vaut quand même pas nos Scoop, Vibration, Wit FM et autres 100% ! Chiffres à l’appui ! Non, mais regardez nos courbes d’audience comparées à celles de vos sympathiques, n’est-ce pas, « petites radios ».
Que voulez-vous répondre à des gens qu’ont poussé le cynisme jusque dans leurs claims – ou slogans. Par exemple, le très explicite :
« C’est pas de la radio, c’est de la musique » (RTL2)…
En même temps, ç’a le mérite d’être clair.
Or donc, ces gens-là ne font pas de (la) radio. Ce n’est qu’un outil avec lequel ils se remplissent les poches. Et quelques comptes en Suisse ou au Luxembourg.

Ceci étant, ceux qui aiment LA radio, son Histoire, ses sons, ses personnages hauts en couleur ; ceux qui sont attachés aux idées de liberté, d’expression, de création, d’imagination ; ceux que la culture ne rebute pas, même la plus branque, la plus foutraque : ceux qui sont en manque de pertinence et d’impertinence véritables, de combats non négociables, de révolte et de panache ; ceux-là seront heureux d’apprendre que jusqu’au 21 mai, 9 esplanade Pierre Vidal-Naquet à Paris (XIII) tout est là, intact ou restauré : les sons, les articles, les images même. Toute cette mémoire est disponible, visible, partageable. A l’occasion d’une exposition (interactive) proposée par Bétonsalon en association avec Eldoradio.
Oui, tout y est – ou quasi – dignement et respectueusement représenté.
Et pour les derniers qui se demanderaient à quoi ça sert, je leur répondrai, simplement, bien amicalement, qu’entre autres choses, cela sert mesurer, objectivement, la liberté que nous avons perdue. Et celle que, par les ondes, nous pourrions reconquérir.

Bétonsalon : le dossier de presse de l’exposition.
Eldoradio : présentation de l’association.

Plan d’accès :

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Ce Dont On Ne Parle Plus

Ce doit être l’âge que je me suis dit. Le temps qui passe. Qui fait que. On s’attarde ici, un peu moins là…
Quelque chose vous saisit, une angoisse épouvantable ; oh ! vous la combattez ! Un peu moins fier, cependant. Mais, tout de même, encore, vous luttez. Contre l’inéluctable.
C’est que, on traverse pas, comme ça, des vents, des marées, quelques « chagrins qui se reposent », pour un jour, renoncer. Se ranger.
Quand bien même, vous auriez toujours espéré que vienne ce moment-là. Celui où, enfin, vous entreverriez la paix.

Oui, je me dis que c’est l’âge, tu vieillis ma pomme, ça y est, voilà que ça te prend, même que c’était couru, et comment !
C’est bien possible… Mais tout de même, j’ai pas la berlue. L’âge d’accord, et pis tout le reste, je veux dire ce qu’on a fait, ce qu’on a pas fait, ça compte, ça finit par peser. Brouiller la vue. Et t’enfumer le cassis…
Oui, peut-être que c’est ça, mais peut-être aussi que non. Car bon sang, j’ai toutes mes oreilles, ma lucidité. J’ai pas encore viré cinoque. Ce dont on ne parle plus, je l’entends ! Je vois bien que ça manque. Et cruellement. Depuis quand ?… Pas mal de temps, je crois. C’est bien ça le problème. J’ai pas la date exacte… Est-ce que ça aurait à voir avec je ne sais quel libéralisme, l’effréné ? Un Mur qui tombe ? Des tours qui s’écroulent ? Va savoir.

Mais nous autres, « les gens » comme on nous appelle désormais, nous y sommes pour quoi ? Que nous n’ayons pas fait gaffe, ça oui, mais faut comprendre. Nous autres, on a nos petites vies, le quotidien, cette lourdeur. Certes, on aurait pu. Non pas s’indigner, mais au-delà. Bien au-delà.
Oui, c’est vrai, qu’on s’est laissé bourrer le mou, s’entraînant les uns, les autres, si bien qu’à force, de cette faiblesse, la nôtre, on a profité.
C’est pas qu’on n’est pas coupable, c’est pas qu’on est innocent, c’est juste qu’on ne sait pas. Ou plutôt, qu’on ne fait plus l’effort. De savoir. Parce qu’on a fait un choix : celui d’être tranquille, un jour. A n’importe quel prix. Sans en mesurer les conséquences.
Et maintenant, ils peuvent casser le monde – ce qu’ils font – on ne le voit pas. C’est ça qu’est admirable ! Si j’ose dire. Admirable parce que, naguère, c’était l’amour qui rendait aveugle, n’est-ce pas ? Désormais, c’est son absence qui nous plonge, et de plus en plus, dans la cécité. Totale. Absolue.
Ce dont on ne parle plus, c’est d’Amour.

On ne parle plus d’Amour. Nulle part. Tu peux chercher, tu trouveras pas. Ou alors, c’est de la mise en scène. C’est pour faire de l’audimat. Du tirage. De l’entrée. Bref, c’est du commerce.
L’Amour, c’est plus une valeur. J’emploie ce terme – valeur – à desseins, tant on nous le sort à toutes les sauces, tant on l’entend, partout, tout le temps.
Les valeurs de la droite, les valeurs de la gauche, « Moi, monsieur, j’ai des valeurs ! », « il faut défendre les valeurs de la France », mais ces « valeurs » avec lesquelles, bien sûr, on ne transigera pas, mais que sont-ce ? Sinon, le cynisme. Oh, bien maquillé, j’en conviens. Par d’autres mots, des consensuels – mais pour combien de temps ? – comme « solidarité », « compassion », des mots fourre-tout, qui dérangent rien, et surtout pas l’ordre établi ou celui qu’on veut nous enfiler, demain.
Des mots dégueulasses, en vérité, avec lesquels on entube les pauvres gens, les endort, et plus encore !

Oh oui, je sais, j’entends : « De quoi ?… D’Amour ? Comment oses-tu (me) parler d’Amour, toi qui n’as pas connu Lola Rastaquouère… ».
Dans le meilleur des cas.
Dans le pire, on te renvoie, fissa, chez les Bisounours.
« D’Amour ! Non mais je rêve ! Oh, venez donc voir un peu, ‘les gens’, y’a un illuminé sur la toile ! ».
Ah c’est cul-cul, hein, de parler – ou tenter de parler – d’Amour. Pourtant, j’ai pas la berlue, je suis pas cinoque, ce mot-là, je l’entends plus. Je crois même qu’on s’en fout.
C’est plus un but, pas même un désir, c’est plus lui qui nous fait bander. Sinon, ça tournerait différent. Le monde.

Oh c’est pas du romantisme, ça non ! ils sont morts les romantiques, tu dois être au courant, non ? Ça fait lurette. Morts… et même pas enterrés ! On n’y a pas pensé. Ils ont pourri, là, sans même qu’on s’en soucie. C’est qu’on avait pas le temps, dis ! Fallait croûter, usiner, batailler. Et pour le reste, y’a la télé !
Cette salope de télé. C’est elle qu’a tout pris. Qui nous a tout volés. Notre temps. Notre dignité. Notre esprit (critique). De nous, elle a fait des mollassons, des valets, des larbins. Des êtres vides…
Quoi, je m’emporte, j’outrancie ? Mais y’a de quoi, non ?… Tu vois pas où qu’on va si l’on continue comme ça, sur ce chemin-là ?
Un monde qui ne parle plus d’Amour, qui ne respire plus l’Amour, qui le bannit presque, mais ce monde-là, il est foutu, mon pote. Il ne s’en sortira pas !
La solidarité, la compassion, ce sont mots de papier, télévisuels, qui ne sont là que pour nous déculpabiliser, une heure tout au plus ! Et puis quoi, encore !… Un ruban rouge ?… Parlons-en ! Si y’a pas d’Amour, tu peux bien parader avec ton ruban rouge, qu’est-ce ça change ? Tu peux me le dire ?… A ce compte-là, je peux, itou, être, quand je veux, pour un jour, solidaire avec tous les miséreux de cette foutue planète. Tous les malades, tous les sinistrés, tous les exclus, tous ceux qui crèvent de solitude.
Je peux, oui, afficher tous les rubans de la terre, si y’a rien derrière, pas un milligramme d’Amour, ça vaut pas tripette.

C’est pas que je rêvais d’un autre monde, il est comme il est, mais j’aurais préféré qu’il aime plus qu’il n’est.
Parfois, dans cette avalanche de cynisme, j’en viens même à me demander s’il n’est pas comme il hait.

Que les hommes politiques ne parlent pas d’Amour, ça n’étonne pas grand monde.
Mais quand le monde n’en parle plus et que personne ne s’en étonne, alors là, c’est sale temps.
Je sais pas depuis quand. J’ai pas la date exacte. Mais je me souviens d’un temps où c’était différent. Différent, ça veut pas dire que tout allait bien, youp-la-boum, y’a de la joie, bonjour, bonjour les hirondelles ! Pas dire que nous vivions heureux, sereins, sans l’angoisse des lendemains, ça n’a jamais été le cas, je crois.

Non, je ne rêvais pas d’un autre monde, je sais bien que la lune est blonde, même que je l’ai épousée. C’est pas ça.
C’est juste qu’il part en quenouille, ce monde. Faut-il être aveugle pour ne pas le voir. Faut-il être aveugle pour ne pas comprendre que c’est l’absence d’Amour, le Véritable, celui qui engage, qu’est en train de l’estourbir.
Et nous avec.

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Rions Gras Avec Madame Brunel

Bonjour Madame Brunel !

Bonjoooouuur !

Madame Brunel, vous le savez, vos propos sur les « immigrés de la Méditerranée » ont choqué la classe politique de gauche comme de droite

Permettez-moi de vous dire une chose : ces propos ont été scandaleusement caricaturés ! Quand je disais qu’il fallait les remettre dans les bateaux, c’était dans un esprit à la fois festif et sportif ! Il n’était évidemment pas question de les noyer, ou je ne sais quoi, mais d’en tirer des conséquences ..

C’est-à-dire, Madame Brunel ?

Eh bien, c’est-à-dire que s’ils aiment tant la mer et les bateaux, ces gens-là, autant que ce soit divertissant … Aussi, au lieu d’errer, comme ça, sans fin, transformons cette épopée en Transat … Celle du Figaro, par exemple !

Vous proposez que ces malheureux participent à la Transat du Figaro !

Absolument ! … Ce serait tout de même plus joyeux, non ?

Je ne sais pas … Mais pourquoi la Transat du Figaro, pourquoi pas, pendant que nous y sommes, la Route du Rhum ?

Eh bien, oui, pourquoi pas .. Mais pour eux, je pense, n’est-ce pas, que la Route du Rom serait plus appropriée.

C’est une route compliquée, Madame Brunel !

Je ne dirais pas ça .. C’est une route comme une autre. Elle me rappelle le merveilleux discours de Grenoble.

[Oui, c'est bien c'que je disais ... ils sont pas arrivés, quoi] … Mais une fois cette Transat et cette Route achevées, quel avenir pour ces malheureux ?

Un avenir maritime, bien entendu.

Pas terrestre ?

Pourquoi voulez-vous qu’il fût terrestre ? Quand on aime tant l’eau, pourquoi se cantonner à la Méditerranée ? … Non, ils ont tellement d’océans, de mers, à découvrir, et puis, vous savez, d’ici là ..

Oui …

Nous aussi, nous aurons, comme qui dirait, le pied marin

Ah … Et c’est pour quand ?

D’après ce que j’en sais, c’est pour l’an prochain et … comment vous dire ? ..  Je m’en réjouis … Alors, sont-ce ces gens qui m’ont subitement révélé mon penchant, assez aigu, je dois dire, pour la Marine, allez savoir ! L’Histoire le dira !

Voilà oui … L’Histoire … Eh bien Madame Brunel, je vous remercie ! Au moins les choses sont claires !

Comme de l’eau de roche !

Un peu salée, tout de même, votre eau de roche ..

Oui, oh ! c’est quand même pas la mer à boire !

A qui le dites-vous, Madame Brunel .. A qui le dites-vous.

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Nicolas Sarkozy ? Un « Ignorant » Et Un « Incompétent »

Suite à un dysfonctionnement de la plateforme 20 minutes.fr survenu ce dimanche 13 février 2011 et perdurant ce lundi 14 février, ce billet de Refais Le Monde/Le Chaos, est doublé sur sa Succursale.

Avant de se plonger dans ce court (mais intense) extrait-vidéo, il faut le replacer impérativement dans son contexte.
Impérativement car – et c’est, souvent là, le travers épouvantable du Net, mais aussi de la télévision – si cet extrait-vidéo était « balancé » tel quel, sans que l’on ne prenne soin de relater, détailler, ce qui a conduit l’avocat Thierry Levy à employer, évoquant Nicolas Sarkozy, les termes d’ « ignorant » et d’ « incompétent », alors ce serait (dans le cas où l’on aurait une aversion caractérisée pour le Président de la République) juste se faire plaisir, ou alors, donner dans le buzz vulgaire (ce qui constitue, au demeurant, un pléonasme).
Qui plus est, ce serait affaiblir les propos tenus, voire les dénaturer.

Thierry-Levy.jpgOr donc, nous sommes jeudi soir (10 février 2011) sur France 3, dans l’émission Ce Soir Ou Jamais, présentée par Frédéric Taddeï.
Auparavant, pendant plus de deux heures (particulièrement éprouvantes), Nicolas Sarkozy aura, sur TF1, répondu (?!?) aux questions de neuf français.
Cette prestation du Chef de l’Etat sera évoquée et commentée par les invités de Taddeï.
Bref.
Après un sujet sur les « vacances de M. Alliot-Marie et de F. Fillon », voilà qu’est abordée la « colère des magistrats ». Pour en parler, Frédéric Taddeï invite le juge Marc Trévidic à rejoindre le plateau pour expliquer « la première grève des magistrats ».
Après un « petit rappel des faits » par le biais d’extraits « du 20 heures et du 13 heures de France 2 », où l’on revoit Nicolas Sarkozy demander que « ceux qui ont couvert ou laissé faire cette faute » (relâcher le « présumé coupable » – comprendre : Tony Meilhon) soient « sanctionnés » et François Fillon jugeant la réaction (donc : le mouvement de grève) des magistrats « excessive », Frédéric Taddeï se tourne vers le « juge antiterroriste » :
« (…) Marc Trévidic qu’est-ce que vous répondez au Premier ministre et à tous ceux, qui en ce moment-même, ont des dossiers qui attendent d’être jugés ? »

Marc Trévidic : bon premièrement, c’qui a choqué tout le monde, c’est la présentation des choses .. La personne en question, Tony Meilhon, n’a pas été libérée .. Par personne ! .. Elle avait fini sa peine, après onze ans de prison .. Elle avait purgé toutes ses peines .. Y’avait pas de libération conditionnelle, y’avait rien … Il se trouve que, par ailleurs, y’avait un sursis de mise à l’épreuve pour outrage à magistrat … Donc, la présentation qui en a été faite est caricaturale, et pas exacte .. Aucun juge n’a mis en liberté qui que ce soit .. C’est le premier point, et c’est le plus important, parce que tout le monde reprend ça, comme si c’était une vérité … Après, qu’est-ce que ça veut dire être suivi en sursis de mise à l’épreuve ? … Ça veut dire, pour les dossiers les plus urgents – aujourd’hui en France – une convocation tous les deux mois ; mais aussi, pour les moins urgents, une convocation tous les six mois … On vient voir un agent de probation, on donne un certificat médical – si on a un suivi médical – une attestation d’embauche (..) voilà ce que c’est .. Est-ce que vous croyez vraiment que ça peut empêcher une quelconque récidive, même quand le dossier est suivi ? .. Ce qui a révolté tout le monde, c’est une certaine hypocrisie dans les discours, dans la présentation des choses ; voilà … La vérité elle est .. Elle est comme elle est ! .. Il y a énormément de personnes en sursis de mise à l’épreuve, nous ne sommes pas des devins ! … On n’est pas là pour essayer de deviner que cette personne part en tuer une autre ! … C’est très compliqué pour arriver à évaluer totalement une personne, et être certain qu’elle va pas commettre un crime … On parle de récidive .. Il avait jamais tué personne, avant ! Faut quand même pas l’oublier ! … Ben ça, ça demande des moyens extraordinairement développés. Et on est dans une justice qui, effectivement, d’une manière générale, fonctionne mal, parce qu’elle a très peu de moyens par rapport à d’autres pays qui ont, à peu près, le même niveau …

Taddeï : C’était pas la première fois que les juges étaient critiqués par Nicolas Sarkozy, mais aussi par d’autres présidents de la République (…) Or, c’est la première fois qu’il y a un tel mouvement .. Comment l’expliquez-vous ? est-ce que le cas, là, est plus grave (..) ?

Trevidic : Le cas n’est pas plus grave ; c’est le fait que, pendant des années, on vous dit toujours la même chose ! Que tous les deux, trois ans, systématiquement, quand y’a un drame, on accuse le juge d’être responsable du drame … Vous croyez que ça fait plaisir, aux gens qui travaillent au quotidien, qui sont confrontés à la misère, aux victimes, aux auteurs d’infractions, qu’on dise : vous êtes responsables de cet assassinat, de ce crime parfaitement odieux ? (…) Les juges, c’est pas eux qui tuent quand même ! (…) Alors, c’est pas plus grave que d’habitude, mais ça fait trop .. Et au bout d’un moment, c’est spontané (…) Parce que, tout le monde en a ras-le-bol, sinon y’aurait pas 95% des magistrats qui se sont mis à arrêter de bosser (…) Alors évidemment ça surprend … c’est pas une profession qu’a l’habitude de faire grève, elle a même pas le droit de faire grève, d’ailleurs ! Mais derrière, y’a plein de gens ! Y’a des avocats, y’a des policiers, tous ceux qui savent qu’au quotidien c’est pas facile de rendre la justice

Taddeï : Thierry Levy vous (…) …

Thierry Levy : (…) Ce que vient de dire Marc Trévidic est absolument exact … enfin .. Indiscutable ! … Y’a quelque chose de pire en ce qui concerne Nicolas Sarkozy … C’est que : il fait de la question sécuritaire son fond de commerce ; et, il le fait, à partir d’affirmations erronées, et surtout, d’une totale incompétence ! … Il faut se rappeler, qu’il y a six ans maintenant, au moment de l’affaire de la malheureuse Nelly Cremel, il avait tenu exactement les mêmes propos ! Il avait accusé les juges d’êtres responsables de la mort de cette femme qui avait été agressée, alors qu’elle faisait son jogging, par un homme qui sortait de prison et qui avait commis un crime beaucoup plus grave – d’ailleurs – que celui de Tony Meilhon … Et il avait dit exactement la même chose : y’a des fautes, elles seront sanctionnéesOr, à l’époque, comme aujourd’hui, il n’y avait aucune faute ! Et quelles que soient les lois qu’on empile depuis – et on en a empilées cinq ou six – ces gens, qui sont au gouvernement, n’ont pas réussi à régler la question de la récidive (…) .. Aujourd’hui, fait similaire – avec, comme l’a rappelé Marc Trévidic – un garçon qui n’a jamais été condamné pour meurtre, ni pour assassinat, et même pas pour des faits sexuels ordinaires, puisqu’il a été condamné pour un crime commis en prison ! Et là, alors, c’est à mon avis la chose la plus grave … [Début de l’extrait vidéo : On a à faire, à un monsieur, le Président de la République …]

Mais ce n’est pas fini.
La suite vaut son pesant de monstruosité, et cette monstruosité nous viendra du journaliste et éditorialiste du Figaro : Yvan Rioufol.

Rioufol accusera d’abord Thierry Levy « d’antisarkozysme excessif » (ce que Levy récusera) puis qualifiera – malgré les faits clairement énoncés prédemment par Thierry Levy et Marc Trévidic – Tony Meilhon de « multirécidiviste dont on savait l’état dangereux par les différents témoignages (…) ».
« On savait, enclumera Rioufol, que ce type était un monstre en puissance ! Donc, ce que je veux dire par là, c’est que vous avez une machine bureaucratique, judicaire, une machine comptable, qui s’aveugle dans ses dossiers et qui n’a pas pris l’initiativepeut-être en dehors des normes (…) – de dire, en tout cas, que ce type pouvait tuer, et c’est ça qui horrifie l’opinion »

Levy, alors l’interrompt (« Comment ça : il pouvait tuer ? Vous pouvez tuer aussi, demain … Pourquoi dites-vous ça : il pouvait tuer ? Tout le monde peut tuer ! ») et Rioufol, agacé, mais groggy aussi, demande à pouvoir poursuivre car il « a d’autres arguments à lui faire valoir »

Lesquels ? me direz-vous …
Eh bien, celui-ci …

Rioufol : « Cette affaire-là, c’est le lancement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy .. C’est aussi simple »

Cette affaire-là », « C'est aussi simple », Sarkozy s'en servirait pour des raisons électorales ? ... N'est-ce pas ignoble ?]

Silence étrange sur le plateau, comme saisi.
Consternation se lisant, évidente, sur le visage de Trévidic.

Y’a de quoi. Etre consterné.
Tellement l’argument à faire valoir de Rioufol est « monstrueux ». Effrayant de cynisme. Voire : on repousse les limites …
Mais voilà qui confirme ce que disait Levy : car si ce qu’affirme Rioufol est vrai, alors oui ! Nicolas Sarkozy est assurément un « ignorant », un « incompétent », « il est même beaucoup plus dangereux que Tony Meilhon ».
CQFD.

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35 Heures : Louis-Ferdinand Céline Répond à Manuel Valls

« Je prône un dépassement des 35 heures, au nom même d’une augmentation des salaires, d’une augmentation du pouvoir d’achat. » [Manuel Valls – Europe 1 – 2 janvier 2011]

« Bien sûr on peut pas supprimer, l’usine dès lors étant admise, combien d’heures faut-il y passer dans votre baratin tourbillant pour que le boulot soye accompli ? toutes les goupilles dans leurs trous, que vous emmerdiez plus personne ? et que le tâcheron pourtant crève pas, que ça tourne pas à sa torture, au broye-homme, au vide-moelle ?…

Ah ! C’est la question si ardue… toute délicate au possible. S’il m’est permis de risquer un mot d’expérience, sur le tas, et puis comme médecin, des années, un peu partout sous les latitudes, il me semble à tout bien peser que 35 heures c’est maximum par bonhomme et par semaine au tarabustage des usines, sans tourner complètement bourrique.

Y pas que le vacarme des machines, partout où sévit la contrainte c’est du kif au même, entreprises, bureaux, magasins, la jacasserie des clientes c’est aussi casse-crâne écœurant qu’une essoreuse-broyeuse à bennes, partout où on obnubile l’homme pour en faire un aide-matériel, un pompeur à bénéfices, tout de suite c’est l’Enfer qui commence, 35 heures c’est déjà joli. La preuve c’est qu’on voit pas beaucoup des jeunes effrénés volontaires s’offrir à la conduite des tours, des fraiseuses racleuses chez Citron ou chez Robot C°, pas plus que de commis éperdus mourant d’adonner leur jeunesse à l’étalage chez Potin. Ça n’existe pas. L’instinct les détourne.

Attention à forcer l’instinct ! C’est ça qui nous rend impossible ! Malheureux indurés canailles, qu’on sait plus par quel bout nous prendre, culs-de-jatte sur tabourets d’horreurs, chevillés aux cent mille chignolles, tordus complotiques à binocles, myopes de régularité, monotones à dégueuler. Taupes de jour.

Il faudrait rapprendre à danser. La France est demeurée heureuse jusqu’au rigodon. On dansera jamais en usine, on chantera plus jamais non plus. Si on chante plus on trépasse, on cesse de faire des enfants, on s’enferme au cinéma pour oublier qu’on existe, on se met en caveau d’illusions, tout noir, qu’est déjà de la mort, avec des fantômes plein l’écran, on est déjà bien sages crounis, ratatinés dans les fauteuils, on achète son petit permis avant de pénétrer, son permis de renoncer à tout, à la porte, décédés sournois, de s’avachir en fosse commune, capitonnée, féerique, moite. »

[Louis-Ferdinand Céline - Les Beaux Draps - 1941]

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Refais Le Monde, La Succursale

L'AutreEt voilà que ça repart ! Après tout, allons-y ! Démultiplions, décalquons, à foison !
Or donc, ce blog reprend du service. A sa façon.
Et prend le nom de : Succursale.

Des billets courts, de l’éjaculation, ou pas. On verra.
Tout ce que Refais Le Monde/Mère ne pourra accueillir, tourments, déversoir, récits, ouistitis et compagnie, viendra s’échouer ici.

A quelle fréquence ? 
Peu importe !

En attendant, maman t’envoie des nouvelles.
Exécrables, il va se soi.
Mais réelles.

Manifester ? C’est dépassé ! Retirer son argent des banques ? C’est irresponsable ! Internet ? Une poubelle ! Râler, geindre, se plaindre, gueuler, pétitionner, ah ça ira, ça ira ? C’est un mal français. A les entendre, nous ne sommes rien. On ne comprend rien. On ne compte pour rien … Enfin ! Ouvrez les yeux ! C’est plié, fini, terminé, qu’ils nous chantent. Depuis belle lurette. Rendez-vous à l’évidence. Rendez-vous tout court.

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